Blog de la section de Hochfelden – Léon Blum
Ensemble, changeons d’avenir

28 mars 2007

Discours programme de Ségolène Royal

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Lettre de création de la section

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Schaffhouse-sur-Zorn, le 1er novembre 2004

 

Chères habitantes, chers habitants du canton de Hochfelden, chers amis,

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je voudrais en quelques mots me présenter et, à tous, vous expliquer les raisons de cette lettre.

Je m’appelle RECHT Emmanuel, j’ai vingt-six ans, je suis étudiant en droit et je suis originaire de Schaffhouse-sur-Zorn. Certains parmi vous se souviendront peut-être que je suis membre du Parti Socialiste et que je me suis présenté aux dernières élections cantonales et régionales.

Si j’ai décidé de vous écrire aujourd’hui, c’est d’abord pour vous montrer que, pour moi, la politique ne se résume pas à la période des élections. C’est aussi parce que s’il est vrai que je ne sais pas tout, Il y a deux ou trois choses que je comprends parce que je les vois, parce que je les vis, parce que je les combats comme syndicaliste ou comme militant politique. Il y a aussi surtout des choses auxquelles je crois.

Je crois d’abord à la politique. Non pas à celle qu’on voit trop souvent aujourd’hui, celle qui confond l’intérêt général avec les intérêts particuliers de quelques privilégiés, celle qui promet avant d’oublier et de trahir, celle qui a abandonné sa mission qui est sans doute la plus noble dans une société démocratique. Cette façon de faire de la politique, cet âge de la politique qui oublie tous ses principes et tous ses devoirs vit ses derniers jours et nous ne la regretterons pas.

Pour moi, la politique, c’est au contraire voir et comprendre le monde tel qu’il est et avoir le courage d’imaginer à partir de ce réel un projet qui réponde aux problèmes, aux souffrances, aux peurs de chacun d’entre nous et en particulier de ceux qui sont les plus fragilisés et les plus démunis face au monde actuel. C’est pourquoi, la politique doit toujours dominer l’économie et l’économie doit toujours être au service de l’Homme et non l’inverse comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui. Non, les délocalisations ne sont pas inévitables, non, le chômage n’est pas une fatalité. Entre les régimes « communistes » que l’Histoire, le Droit et les peuples ont condamné et le libéralisme actuel, mondial et financier, qui est différent de celui des années 1960 et qui est la source des inégalités et des injustices que nous connaissons, il y a un autre chemin, un autre monde, celui du socialisme démocratique, qui en France prend une forme particulière, celui du socialisme républicain.

Oui, je crois au socialisme car il est encore et plus que jamais aujourd’hui l’espoir nécessaire d’un autre monde et la volonté inflexible de changer l’ordre des choses. Oui, une autre société est possible et cette société, c’est celle que Jean Jaurès appelait la République Sociale. C’est la république « jusqu’au bout », celle qui prend appui sur les droits universels proclamés par la Révolution de 1789 mais aussi sur les droits sociaux indissociables qui jalonnent l’histoire du mouvement ouvrier, paysan et socialiste. Celle qui met le citoyen, l’intérêt général et la volonté populaire au centre. Celle qui pense que les hommes ne peuvent être égaux politiquement s’ils ne le sont socialement. C’est celle qui entend répondre aux revendications des luttes sociales, écologiques, féministes, antiracistes et alter-mondialistes. Cette république ne peut être qu’une république différente de celle que nous connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire une 6ème République où le Parlement retrouverait son rôle fondamental et où une démocratie participative appuyée sur une société mobilisée seraient les fondements de notre vie commune.

Si le socialisme a un sens, c’est bien celui de la réduction franche et massive des inégalités, de l’amélioration des conditions de vie et de travail, de l’émancipation culturelle et démocratique. Voilà pourquoi je suis socialiste et voilà pourquoi je suis membre du parti socialiste qui, pour moi, doit être le parti du salariat et de la transformation sociale.

 

 

Les élections tout au long de l’année 2004 ont vu un retour électoral des socialistes et de la gauche en général. Mais il est clair pour moi que ce vote a été avant tout un vote de sanction contre la politique d’agression sociale du gouvernement Raffarin et aussi un vote qui a permis à tous ceux qui se sont mobilisés contre les contre-réformes anti-républicaines et injustes sur les retraites et sur l’assurance- maladie de l’année 2003 d’exprimer leur légitime mécontentement.

Mais, je ne suis pas dupe et je crois que nous, socialistes, femmes et hommes de gauche, devons faire encore beaucoup de chemin pour retrouver un vote d’adhésion à nos idées et pour être à nouveau à la hauteur de notre histoire et de l’espérance que les électeurs ont bien voulu mettre ou remettre en nous. Il nous faut donc d’abord respecter ceux qui ont voté pour nous en faisant ce pour quoi nous avons été élus. Nous devons aussi dès aujourd’hui élaborer un programme clair, cohérent et sans ambiguïtés, à la hauteur des enjeux de notre temps.

Pour retrouver l’adhésion des classes populaires et du salariat en général et aussi pour nous réapproprier nos principes, nos idéaux parfois un peu oubliés, ce programme devra énoncer clairement notre volonté d’abroger ces deux réformes de l’année 2003 dictées par la France d’en haut et Ernest Antoine Seillière. Ce programme devra aussi affirmer que le prochain gouvernement de gauche s’engage à ne privatiser aucun service public, ni à ouvrir le capital de l’un d’entre eux car l’intérêt général dans certains domaines essentiels n’est pas négociable.

Ce programme devra évidemment revenir sur certains thèmes fondamentaux et identitaires pour une gauche retrouvée et unie en affirmant la priorité que nous donnerons à l’éducation, à une politique offensive pour l’emploi, à la défense des services publics, à l’amélioration de la protection sociale et professionnelle ainsi qu’à la nécessité d’une politique culturelle populaire et ambitieuse.

Ce programme devra aussi contenir une volonté exigeante de créer enfin une Europe sociale, échelon aujourd’hui pertinent pour lutter efficacement contre les inégalités, les délocalisations et le chômage.

 

 

Par ailleurs, je suis bien conscient de ce qu’être socialiste en Alsace veut dire, mais je crois justement qu’aujourd’hui les choses sont entrain de changer. Nous vivons _et vous le constatez vous-mêmes tous les jours_ dans une région et dans un monde où les individus, dans leurs conditions de vie, dans leur travail, dans leur environnement sont constamment agressés, broyés, affaiblis par un système économique qui les met constamment en concurrence, qui dans sa quête effrénée du profit brise toutes les solidarités et tous les acquis sociaux et qui va même jusqu’à remettre en cause les fondements les plus solidaires de notre pacte républicain. Dans une telle situation, demandez-vous quel est le projet, qui sont ceux qui vous proposent _au-delà des mots, des bons sentiments et des saupoudrages de charité_ une autre société, une autre manière de concevoir le vivre ensemble, une société où le citoyen retrouverait sa place. Pour moi, aujourd’hui, il n’y a que la gauche et en particulier le Parti socialiste qui se battent réellement pour cela. Voilà pourquoi je suis de gauche. Voilà pourquoi je me suis engagé en politique.

 

Pour finir et aussi pour être cohérent par rapport à tout ce que je viens de vous dire, je veux à présent en venir à l’un des objets principaux de cette lettre, c’est à dire la volonté que j’ai de créer dans le canton de Hochfelden une « section » du Parti Socialiste qui pourrait être un espace de discussion, de mise en commun des expériences et d’outil de réflexion, de propositions pour notre canton, notre région et plus généralement pour la société toute entière. Vous ne le savez sans doute pas mais on connaît Hochfelden, Schaffhouse-sur-Zorn et tout notre canton à Paris et ailleurs parce que je parle souvent de vous et je vous défends dans des réunions ou des meetings un peu partout en France. Alors si comme moi votre canton vous tient à cœur, si vous êtes intéressé par ma démarche et que vous voulez y participer, n’hésitez pas et venez nombreux à la réunion constitutive de la section PS du canton de Hochfelden le 26 novembre 2004 à 20 h à Hochfelden, au foyer Saint Pierre et Paul, salle Zirn.

Avec toutes mes amitiés,

RECHT Emmanuel

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